14.04.2011

Rêve

Cette nuit, j'ai fait un rêve étrange. Certes, un peu comme toutes les nuits, mais je trouvais que c'était là une bonne phrase d'introduction.

G47111942922338.jpgDonc, mon rêve était, dans les grandes lignes, centré sur un énorme vaisseau extraterrestre qui s'approchait de la Terre. Tout le monde pouvait le voir, d'abord un simple point lumineux dans le ciel nocturne puis, au fur et à mesure que le rêve allait et que le vaisseau s'approchait, on voyait mieux les détails (à la fin, il était possible de voir les lumières clignotant sur les côtés du vaisseau). Mais ce qui m'a le plus marqué dans ce rêve était la réaction des gens qui m'entouraient, ou plutôt leur manque de réaction : chacun continuait sa vie comme si de rien n'était, malgré mes efforts pour essayer de leur montrer ce qu'il se passait.

Ce qui m'a fait réfléchir au réveil était la part de vérité que contenait ce rêve. Non, elle n'est pas dans la partie "il arrivent", mais dans l'autre : "on en a rien à faire". Et là non plus, je ne vais pas me limiter aux vaisseaux aliens. Il semblerait que de nos jours, tout soit, pour ainsi dire, banal.

Oh certes, on peut s'indigner d'une guerre, se révolter contre un attentat ou s'apitoyer sur les victimes d'une catastrophe, mais ce genre d'évènements arrive avec une telle fréquence qu'en fin de compte, on finit par s'y habituer, par ne plus vraiment y prêter attention. Et bien sûr, je pourrais me lancer dans une diatribe contre ces journaux qui nous abreuvent de mauvaises nouvelles et d'images violentes, mais je ne le ferais pas – peut-être parce que celui qui n'a pas envie de subir ces journaux n'a qu'à ne pas allumer sa télévision, et aussi et surtout parce que ce n'est pas à un inconnu de nous dire à travers un écran que tout va bien, qu'on doit être heureux ! Mais, pour en revenir au sujet de base, je pense qu'accuser les médias serait confondre entre symptôme et cause : cette surenchère est rendue possible, certains diront nécessaire par le fait qu'il en faille toujours plus pour nous impressionner, et, même si elle participe à nourrir ce phénomène, elle n'en est pas la source. Pour la trouver, il faut commencer par s'arrêter un moment, et observer.

LookingBackwardsTwoBlocksOfPeople.jpgS'arrêter, et observer. Une chose que nous n'avons pas l'habitude de faire, et pourtant, il y a tant à voir. Nous vivons dans un monde où les miracles sont devenus une chose banale parmi tant d'autres. Par miracle, j'entends le fait de prendre son petit déjeuner en Europe, son dîner en Amérique et son déjeuner quelque part entre les deux dans la même journée. Par miracle, j'entends greffer l'organe d'un mort sur un vivant. Par miracle, j'entends communiquer quasi-instantanément à des milliers de kilomètres de distance. Par miracle, j'entends percer les secrets de particules d'une taille si petite que nous sommes incapables de les imaginer convenablement, et pourtant, réussir à exploiter ces secrets pour en tirer aussi bien des armes que de l'énergie. Et ce progrès miraculeux ne semble pas s'arrêter : il y a 15 ans, nous n'avions ni smartphones, ni internet haut débit, ni GPS, et nous venions juste d'avoir la playstation première du nom ! Et nous pouvions encore parler de LA trilogie Star Wars, mais c'est une autre histoire.

C'est aussi un monde de six, bientôt sept milliards d'humains. Et il s'y passe des choses. C'est pour ça aussi que nous n'avons plus vraiment le temps de nous intéresser à un sujet en particulier. Pensez un instant : novembre 2010, élections en Côte d'Ivoire ; décembre 2010 à janvier 2011, révoltes en Tunisie qui courant février s'étendent à travers une grande partie du maghreb ; mars 2011 séisme au Japon ; avril 2011, intervention internationale en Lybie... Et voilà, déjà six mois sont passés !

Alors que faire ? Pourquoi marcher quand tout court autour de nous ? Pourquoi se concentrer sur un seul point avec tout ce qui se passe ?

Peut-être parce que c'est nécessaire. Penser à soi même, vivre selon son propre rythme, c'est ce que je conseille. Certes, cela peut paraître égoïste comme démarche, mais à y réfléchir un peu, on peut facilement la justifier. Pourquoi vivre selon le rythme d'un monde qui est loin, qu'on ne peut atteindre ? Ainsi par exemple, pour la révolte libyenne, soit on ne fait rien, soit on prend les armes et on y va. Mais rester ici et y penser, finalement, n'avance à rien d'autre qu'à ne pas penser à ce qu'il se passe ici. Et ce qu'il se passe ici, c'est notre vie, que personne d'autre ne peut vivre à notre place. Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés, dit le proverbe.

Certes, je ne nie pas qu'il y a des choses graves qui se passent dans le monde. Mais à force de trop y penser, on finit par en faire son quotidien, sa normalité. Or, se reconcentrer sur ce qui devrait être sa propre normalité permet de mieux discerner le normal de l'anormal. Et là, j'utilise anormal au sens propre du terme : quelque chose qui n'est pas normal, sans jugement de valeur.

parents_enfants.jpgAlors on peut enfin porter un jugement juste sur ce qu'on voit. On voit le mal de ce monde, comme un peuple pris en pleine guerre civile. On y voit le bien, comme un peuple qui se soulève contre l'oppression. Mais on y voit aussi et surtout le beau, qui parfois se cache dans la simplicité d'un parent qui tient son enfant par la main. Je sais, ce sont là de grandes phrases, mais c'est ce qu'on fait de mieux pour exprimer ces sentiments.

Vivre pour soi, finalement, c'est reprendre échelle humaine, et arrêter de me faire croire dans mes rêves qu'une soucoupe volante, c'est quelque chose de banal !

 

Sources des images :

http://www.cinemovies.fr/photog-17051-6.html

http://www.richard-seaman.com/USA/Cities/NewYork/TimesSquare2000/Crowds/index.html

http://informacyde.com/blog/leducation/que-font-les-parents-daujourdhui-avec-leurs-enfaants/

18.03.2011

Religions 2 : le retour !

 

Allez, on s'y rejette !

Il est temps de se sortir de l'impasse dans laquelle nous étions arrivés. Et cela, grâce aux deux points que j'avais laissés en suspens dans le précédent article.

 

Mais avant de commencer, il faut définir deux trois notions souvent utilisées de façon approximative.

Qu'est-ce qu'un athée ? Qu'est-ce qu'un agnostique ? Qu'est-ce qu'un croyant ?

Pour qu'on se comprenne, prenons les définitions suivantes :

atheism.jpgAthée : personne qui est persuadée qu'il n'existe ni Dieu ni toute autre forme de spiritualité.

 

 

 

 

 

 

christianitymakessense.pngCroyant : personne qui croit soit en Dieu, soit en une religion, soit en toute autre forme de spiritualité.

 

 

 

 

 

 

atheiststhinkchristiansknow.jpgAgnostique : personne qui ne se prononce pas, n'ayant pas les moyens de savoir.

 

 

 

 

 

 

 

Maintenant, nous pouvons parler de façon plus précise.

Lorsque je citais Pasteur, Einstein ou Darwin en tant que croyants, c'était selon le sens large du terme. Chacun d'entre eux croyaient en quelque chose, mais pas forcément en un Dieu unique, vieux barbu dictant ses commandements du haut de son nuage, ni même en un dogme religieux précis.

Ainsi, lorsqu'on demanda à Einstein si il croyait en Dieu, sa réponse était :

'I believe in Spinoza's God who reveals himself in the orderly harmony of what exists, not in a God who concerns himself with the fates and actions of human beings.'

 

De même, même si le confucianisme est à proprement parler beaucoup plus proche d'une philosophie que d'une religion, son influence sur la société et sur la psychologie des individus de la société chinoise, notamment via un certain nombre de rites imposés par cette pensée, qu'il peut, dans les faits, être assimilé à une croyance.

 

Croyance, c'est là le point central où je voulais arriver. Car le principal apport des religions, ce fut celui de la croyance. Croire en quelque chose transcendant l'humain, transcendant la vie de tous les jours, en une chose qui finalement nous motive à aller de l'avant, à explorer.

C'est dans la nature même de l'homme que de vouloir trouver un sens à chaque chose qu'il observe. Or, aujourd'hui, il y a confusion dans les rôles des différentes disciplines : la science répond au comment, et elle seule est en mesure d'y répondre, mais on a envie de lui faire répondre au pourquoi. La différence entre comment et pourquoi peut être montrée à travers un simple exemple : si je dis que je suis heureux, le comment me dira que c'est parce que mon cerveau fabrique des endorphines, le pourquoi me dira que c'est parce que, par exemple, on vient de m'offrir un cadeau. Confondre les deux, c'est dire que la joie vient des endorphines seulement, et que les sentiments ne sont que des illusions masquant la réalité hormonale du cerveau. A vous de choisir si vous préférez être une personne ou une illusion, à vous de choisir si vous préférez le comment au pourquoi !

godfunny.jpgOr, le pourquoi est une notion profondément humaine. Le feu qui passe au rouge le jour où vous êtes en retard, suivi du camion qui traine sur la route puis de la vieille dame qui traverse en plein milieu de la rue n'ont pas de pourquoi à proprement parler, mais en arrivant au bureau avec une bonne heure de retard (et en croisant bien sûr le DRH dans le hall), vous serez persuadés d'être maudit, que le monde s'acharne sur vous. Voyez comme il est simple de croire, surtout croire en des choses négatives. En effet, c'est un autre trait de la psychologie humaine : si on réussit, c'est par talent, si on échoue, c'est à cause du destin.

 

Mais la croyance mérite mieux que d'être reléguée à ce simple rang de justification de l'échec. Croire, c'est aussi donner un sens à des choses qui n'en ont pas, voire même leur donner une existence.

On dit que ce qui différencie l'homme de l'animal est la capacité à raisonner dans l'abstrait (encore que certains grands singes et les dauphins s'amusent à rendre cette frontière chaque jour plus floue). Or, l'abstrait, de par sa définition, n'existe pas... Ou du moins, n'existe que si on y croit ! Et cette phrase ne s'applique pas qu'aux "grands principes" tels que l'honneur, l'amour ou le partage ! Prenez un billet de 20€. Il vaut 20€ ? Mais le papier et l'encre valent-il aussi cher ? Certainement pas ! Si ce billet a cette valeur, c'est parce que tout le monde s'accorde à la lui donner : 20€ qui viennent de nulle part, 20€ de croyance somme toute !

La croyance est donc une extension naturelle de notre capacité à penser de façon abstraite, donc de notre humanité.

 

Or, aujourd'hui, en quoi croyons-nous ? Car les croyances ne peuvent être de simples notions qui existent dans le vague. De même que tous les traits de notre personnalité sont liés les uns aux autres, nos croyances le sont dans un système. Et aujourd'hui, à force d'avoir cherché à expliquer le "pourquoi" avec la science, nous ne développons plus le moindre système de croyances en dehors de celui hautement réducteur de la pure pensée scientifique. Il est bien de savoir que nous ne sommes que de simples êtres biologiques, et que nos pensées ne sont que les expressions de réactions chimiques dans notre cerveau, mais est-il sain de le croire ? Pourtant, c'est là l'expression même de l'athéisme, que de refuser toute idée transcendant le monde matériel.

 

jesusmohammed.jpg
Que choisir donc, entre un athéisme réducteur et une foi trompeuse ? Pourquoi pas simplement viser le juste milieu ? Conserver la foi, mais l'enrichir de ce que nous apprend l'athéisme : le sens critique, l'envie de rechercher, de se poser des questions... La pensée rationnelle, outil puissant de l'athéisme, a détruit les dogmes, nous libérant de l'ignorance et nous permettant toutes les avancées technologiques des derniers siècles, mais elle ne reste qu'un outil, et connait donc ses limitations. Mais on peut reprendre quelques une de ses méthodes pour l'adapter à la foi.

Nous aurions ainsi une foi qui n'accepte pas immédiatement tout ce qu'on lui dit, des croyances qui se construisent au fil de la vie et des expériences personnelles. On se permettrait le doute, on s'autoriserait les erreurs, mais plus que tout, on refuserait le dogme. Ce n'est pas une démarche d'agnostique que je décris : l'agnosticisme consiste à refuser de se prononcer par manque de moyens de déterminer, alors que là, on se prononce pour ce pour quoi on a choisi de se prononcer. On choisit ses croyances, on s'y attache, et, étant très personnelles, on leur permet d'évoluer selon les évolutions de sa personne. La croyance grandit donc en harmonie avec la vie, la soutient, et lui permet de se développer dans tous les domaines. Car finalement, pour celui qui ne croit en absolument rien, quel est l'intérêt même de vivre ?

 

15.03.2011

Religions

 

religion2.jpgDans notre monde d'information croissante, on communique toujours plus, ce qui a pour principal effet une perte nette de valeur des mots. Il est si facile de se faire entendre qu'on parle pour ne plus rien dire !

Les premières victimes de ce phénomène sont les citations pseudo-philosophiques, avec en tête la fameuse : "Je pense donc je suis", certainement la plus répétée et la moins comprise finalement. Mais aujourd'hui, je vous parlerais d'une autre phrase, moins répétée mais tout autant massacrée : "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.".

Attention, par l'expression "pseudo-philosophie", je n'attaque pas les auteurs ni les phrases elles-mêmes, issues bien souvent (du moins je l'espère) de longues réflexions. J'attaque cette tendance à extirper la phrase de son contexte, et à la citer pour se donner l'air intelligent. Et finalement, vu qu'il faut communiquer toujours plus vite, on ne prend ni le temps de l'expliquer, ni même le temps de la comprendre !

 

Mais revenons-en au sujet. "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme", disait notre bon vieux Rabelais. Googlez cette phrase, vous trouverez au choix des sitesde citations – je résisterai à l'envie de revenir à la thématique du premier paragraphe ! – ou bien des sites pour lycéens aussi riches que fainéants qui doivent rendre une dissertation de philo il y a deux jours ! Mais bon, comme je suis sympa, j'ai réussi à vous retrouver son contexte :

 

"Mais – parce que, selon le sage Salomon, sagesse n'entre pas en âme malveillante et que science sans conscience n'est que ruine de l'âme, tu dois servir, aimer et craindre Dieu, et mettre en lui toutes tes pensées et tout ton espoir; et par une foi nourrie de charité, tu dois être uni à lui, en sorte que tu n’en sois jamais séparé par le péché.
Méfie-toi des abus du monde; ne prends pas à cour les futilités, car cette vie est transitoire, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable pour tes prochains, et aime-les comme toi-même. Révère tes précepteurs. Fuis la compagnie de ceux à qui tu ne veux pas ressembler, et ne reçois pas en vain les grâces que Dieu t’a données. Et, quand tu t’apercevras que tu as acquis tout le savoir humain, reviens vers moi, afin que je te voie et que je te donne ma bénédiction avant de mourir.
"

 

Pour un contexte plus complet, suivez ce lien : http://jc.bellamy.free.fr/fr/rabelais.html (tout en bas de la page, même si la lecture de la page entière ne peut pas faire de mal !).

Donc, cette phrase a un sens relativement proche de celui qu'on lui donne, mais Rabelais implique aussi que la conscience prend pour source la religion. Et ce genre de pensées est de nos jours très peu apprécié, en France en tous cas.

En effet, il suffit de voir notre président parler de l'héritage catholique de la France pour que tout le monde s'indigne ! C'est pourtant évident que Vercingetorix était un pionnier de l'athéisme, et que en l'an 800, Charlemagne a chassé le pape de son empire !

La laïcité en France, une notion dont nous sommes bien fiers, mais une histoire qui est loin d'être des meilleures. Bien avant la Séparation de l'État et de l'Église, la laïcité est née au cours de la Révolution Française, avec le pillage des biens du Clergé puis la décapitation du roi de droit divin. Je ne suis pas en train de victimiser l'Église, qui a reçu une juste punition pour avoir amplement profité d'un système qui lui était justement amplement profitable, et aussi pour avoir longtemps empêché de toutes ses forces (et pas seulement dans notre pays) le progrès de la science comme de la philosophie.

christianitygalaxy.jpg

Nous touchons le fond du problème ! Si de nos jours la laïcité est aussi agressive, c'est que nos sociétés actuelles n'ont pu se développer qu'en opposition à l'Église. Un peu comme des adolescents qui développent leur personnalité en pure opposition à celle de parents qui auraient été trop possessifs. C'est certes une étape nécessaire pour gagner son indépendance, mais elle ne peut durer éternellement : tôt ou tard, il faut faire la paix avec ses parents.

Or, aujourd'hui, nous sommes en plein dans cette étape : aujourd'hui, dans l'esprit de la plupart des gens, la religion est quelque chose d'ouvertement maléfique. La religion, ce sont les kamikazes, ce sont les guerres de religion, ce sont les créationnistes américains, ce sont enfin ces rues de Paris bouchées par l'appel à la prière le vendredi et les appels au meurtre pour une caricature mal placée.

Je ne nie pas l'existence de ces faits, mais ils ne représentent qu'une infime minorité à la fois des personnes et des phénomènes. 2,1 milliards de Chrétiens (toutes branches confondues) sur Terre ne sont pas 2,1 milliards de créationnistes (pour le petite histoire, Darwin était croyant, de même que Pasteur ou Einstein, mais je reviendrai là-dessus plus tard), de même que 1,5 milliard de Musulmans ne sont pas 1,5 milliard de kamikazes !

Quant aux guerres dites de religions, certes, mais en fouillant derrière chacune, on trouve à la fois des raisons politiques mais aussi la tendance de l'homme à haïr ceux qui lui sont différents (là encore, la tendance d'une minorité, mais de la minorité la plus bruyante). Ce serait finalement prendre l'apartheid comme une motivation pour supprimer la mélanine !

 

Mais pourtant, le bilan global des religions est loin d'être mauvais.

En premier lieu, je pourrais parler de l'apport moral qu'ont eu les religions dans nos sociétés : les messages religieux ne rebachent-ils pas les mêmes messages prêchant la vertu et la droiture afin de s'assurer un meilleur destin dans l'Au-delà ? Promettre une punition pour les pécheurs après leur mort permet de lutter contre le manque cruel de justice que pouvaient présenter les sociétés les plus primitives. A cela on peut ajouter d'autres faits plus ponctuels, comme l'inculcation de la notion de sacré dans l'esprit des gens qui s'est ensuite transmise à d'autres notions devenues aujourd'hui des composantes à part entière de notre mode vie de tous les jours (par exemple, les liens sacrés du mariage !), ou bien l fait que dans l'Europe chrétienne au moyen-âge, les églises étaient des sanctuaires où nul n'avait le droit de faire rentrer la violence. Il ne faut pas oublier non plus que le respect des morts est une notion avant tout religieuse. Mais cet argument peut être contré par l'exemple du confucianisme, qui a inculqué des valeurs morales à la société chinoise (et a aussi influencé d'autres sociétés, comme la Corée, le Japon ou le Viêt-nam), mais en étant plus proches d'une pensée philosophique que religieuse, mais c'est là aussi un point sur lequel je reviendrai plus tard.

Un autre apport des religions, que je trouve personnellement non moins important, est l'apport culturel. Notre calendrier est religieux. Nos fêtes sont religieuses. Et d'innombrables aspects de l'organisation de notre société sont religieux. Le fait que parmi les plus anciens bâtiments retrouvés se trouvent des temples a d'ailleurs poussé nombre d'archéologues à penser que c'est pour le culte que les hommes ont commencé à se réunir, créant ainsi les premières grandes sociétés (comme exemple, ces liens, sur un même cas : http://www.balkantravellers.com/en/read/article/1825 et http://www.smithsonianmag.com/history-archaeology/gobekli... ). De même, parmi les sept merveilles du monde antique, deux sont "laïques" (le Phare d'Alexandrie et les Jardins Suspendus de Babylone), deux sont à influence religieuse (la Pyramide de Kheops et le Mausolée d'Halicarnasse, des tombes), et trois sont ouvertement religieuses (le Temple d'Artemis, la Statue de Zeus et le Colosse de Rhodes, représentation du dieu Helios). Sans oublier tous les autres temples et monastères qui nous restent aujourd'hui du passé, qu'ils soient encore en usage ou non.

 

Faudrait-il donc, par respect pour les apports qu'ont eu les religions, retourner à une société religieuse ? Absolument... pas !

Car un autre apport des religions fut le dogme. Et là, on a beau le tourner dans tous les sens, on risque d'avoir beaucoup de mal, à moins d'être mormon, de lui trouver des bons côtés dans notre vie actuelle ! Le dogme est incompatible avec nos sociétés modernes sur deux principaux points.

Le premier, remis en cause par certaines minorités (toujours ces fameux mormons), est le fait que l'évolution des normes de notre société a donné aux autorités religieuses le rôle de vieux grands pères réactionnaires restant coincés dans des notions qui ne sont plus à l'ordre du jour. Je pourrais être ennuyeux et vous donner l'exemple du pape Benoit XVI et de sont point de vue sur le préservatif qui a fait beaucoup de vagues, mais je préfère être marrant et vous donner ceci : http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=2007051901... . Dur de suivre les religions au pied de la lettre !

religionscientistfacepalm.jpgLe second, remis en cause là aussi par certaines minorités (dont les créationnistes, mais là on a un peu plus le droit de se moquer d'eux), est le fait que le progrès scientifique ait prouvé que nombre de vérités religieuses aient été prouvées comme fausses. C'est là une longue bataille, qui date de Copernic, et qui bizarrement ne semble pas encore gagnée ! En effet, il est facile de penser qu'une fois les vérités factuelles des religions prouvées comme fausses, les vérités spirituelles et morales fassent long feu ! C'est d'ailleurs là aussi un point qui a fait beaucoup de mal à l'image des religions, qui sont parfois allées jusqu'à s'humilier en refusant d'admettre l'évidence ! D'ailleurs, on voit une certaine évolution du Vatican sur ce point, qui aujourd'hui accepte la théorie du Big Bang, et qui même admet ouvertement et officiellement que nier l'existence de vie extraterrestre serait nier que Dieu ait un pouvoir de création infini ; je me souviens d'ailleurs de l'astronome (oui nome et pas logue) personnel du Pape qui expliquait que les extraterrestres seraient chrétiens sans être chrétiens, ils prieraient le même Dieu de façon différente parce que le message de Jésus n'aura jamais pu être transmis à eux et qu'ils auront eu d'autres prophètes... D'un côté c'est bien, on sait qu'ils ne vont pas convertir de force chaque nouvelle race qu'on découvrira, mais il peuvent pas aussi penser que sur Terre, il y a des peuples qui n'auront pas pu être touchés par le message de Jésus et qui donc auront là aussi "leurs propres façons d'être chrétiens" ?

godprefersatheists.jpg

Donc résumons... Religion, oui, dogme, non. Mais religion = dogme. Sommes nous dans une impasse ?

Je vous laisse à vos avis, le temps que j'écrive la suite ! Et promis, je reviendrais sur les deux points dont je disais que j'allais reparler (les scientifiques croyants et le confucianisme) !